Intentions…

Louis-Aimé Leroy va s’allonger. Abasourdi par ce qu’il vient d’apprendre.

 Il s’endort. Il rêve, peut-être… Nous sommes dans sa tête quand le texte commence.

Comment raconter ce qui se passe dans son rêve ? Tout cela est-il réel ou une projection mentale ?

La structure du texte est classique, linéaire. Pour créer le rêve, on s’appuiera sur les mouvements des corps dans l’espace, ceux des éléments de décor, où et comment va s’inscrire la musique live et celle enregistrée, et enfin comment la lumière et son rythme vont progressivement distordre le réel et créer l’onirisme du moment…

J’aime Elvis. Sa voix, son sourire, son sex-appeal…

Quand j’ai eu le texte de Pierre-Louis Lanier entre les mains, j’ai eu tout de suite envie d’une mise en scène où le sex-appeal d’Elvis, l’absent, apparaîtrait dans la forme, le tempo, l’ambiance. L’idée qui s’est imposée à moi a été de traiter ce texte comme si c’était un album imaginaire d’Elvis Presley. Rythmer la chronologie de l’histoire comme les plages d’un vinyle, l’éclairer comme autant de petits concerts et la mettre comme un rêve dans la tête de Louis-Aimé Leroy, le principal protagoniste de cette folle histoire.

Posée comme ça, l’aventure est excitante, et nos premiers échanges sur le plateau ont confirmé cette intuition, et nous ont vite embarqués entre sexe, drogue et rock’n’roll, dans un parfum de jeunesse, rebelle pour l’éternité.

Elvis n’était pas tout à fait ce que la mémoire collective en a fait, mais cette histoire a fait rêver plusieurs générations…

Le sourire d’Elvis  est le rêve de Pierre-Louis Lanier, et mes souvenirs intimes vont s’inviter pour que ce rêve réveille en d’autres des désirs enfouis…

Nathalie Chemelny

metteur en scène

Clairement ce spectacle ne sera pas un spectacle sur Elvis mais avec Elvis. Même s’il est mort. J’entends par cela qu’il n’y sera pas racontée l’histoire de sa vie.

La vérité est qu’il eut bien un frère jumeau et que celui-ci est mort à la naissance. Le reste est de l’ordre de ce qu’on appelle la divagation. A la différence que celle-ci est liée à l’intime conviction.

Il y est donc question de manque, bien sûr, de souffrance récurrente, intime, inexprimée.

Passionné par le phénomène de la gémellité, ayant dans mon entourage proche des exemples de ces relations si particulières qu’entretiennent les jumeaux, quand j’appris cette partie peu connue de l’histoire d’Elvis, il me sembla qu’il y avait là un vrai sujet de réflexion.

J’entrepris un travail d’enquête, partant à la recherche de témoignages, lisant quelques biographies, visionnant nombre de documents, interrogeant des fans ayant rencontré Elvis (ce qui est rare) ou des jumeaux tellement semblables, tellement différents. Et cela étant fait je mis beaucoup de moi, de mon histoire dans l’histoire !

Le processus d’écriture étant engagé, j’en profitai pour aborder quelques thèmes périphériques qui me sont chers comme le business artistique, les addictions en tous genres, les comportements paradoxaux ou la quasi impossibilité d’être cohérent, mais aussi la mort, le deuil, la filiation, la misanthropie, la création, etc.

Ces thèmes ne sont pas développés dramatiquement parlant, mais apparaissent sous forme d’allusion ou de clin d’œil que chacun voudra saisir, ou pas : à son gré.

Pierre-Louis Lanier

auteur

Publicités